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Vendanges dans l'étang à Montady


Comme il est de coutume dans notre village les vendanges commencent après le 25 août jour de la fête locale. Les comportes sont depuis quelques jours alignées couchées sur le bord des rues devant chaque maison pour les mettres à étancher en les arrosant journellement.

Les premiers jours de vendanges sont réservés à la récolte des raisins dans les coteaux, la récolte est plus faible dans ces tènements et le raisin est mûr plus tôt et petit à petit c'est la descente dans la plaine. Les souches sont beaucoup plus volumineuses, la récolte est abondante et il faut souvent avec une colle de 6 coupeuses déplacer une comporte pleine pour mettre une vide à la place pour quelle reste au niveau du ramassage. Du propriétaire aux vendangeurs tout le monde est joyeux, grosse récolte, seaux vite pleins, ramassage assez facile et ce sont les porteurs de comportes les moins ravis car le travail est abondant.

            Apres une vingtaine de jours  de vendanges, ce que tout le monde craint, il faut aller vendanger les vignes de l'étang. (L'étang asséché de Montady mondialement connu). C'est un autre travail, il a fallu irriguer les vignes au début de l'été et l'eau a stagné dans les fossé et les siphons servant au passage de l'eau sous les ouvrages de l'étang( ruisseaux, routes, chemins) ce qui fait la part belle à l'éclosion des moustiques. Ah ces moustiques ! redoutés de tous, vendangeurs et chevaux. Les robes des femmes et les pantalons court des hommes ont laissé la place aux pantalons long pour tous mais ce n'est pas suffisant, il faut mettre un grand chapeau ou une galline (coiffe pour les femmes typique du midi) et se couvrir le cou avec un grand mouchoir pour les hommes et une voilette en gaze  devant la figure pour les femmes. Les bas de pantalons et les poignets sont fermés par des élastiques. L'on avait même sur soi des branches de citronnelle très odorantes et répulsive pour ces insectes et il existait même  un liquide le « nopic » que l'on appliquait sur la peau.

            Dans ces conditions le travail n'était pas aisé mais il n'y avait aucune alternative.

Sans exagérer un cheval blanc paraissait gris tellement il était couvert de moustiques. Il est même arrivé qu'un attelage formé de 2 chevaux et de la charrette s'emballe obligeant le charretier à courir pour le rattraper et l'arrêter.

            D'autres années les vendanges dans l'étang coïncidaient avec les pluies d'équinoxes. Dans les terres argileuses détrempées ou le port des bottes était incontournable l'on s'enfonçait de plusieurs centimètres, la terre collait aux seaux en fer les rendant très lourd et les porteurs étaient obligés de mettre des planches dans les rangées pour sortir la récolte avec les «  semalliers ».

            Le dernier jour des vendanges toutes ces misères étaient oubliées et la partie festive, la « soulinque » se passait en mangeant des biscuits et buvant le vin blanc du propriétaire accompagné de chansons et histoires drôles. Tout ce petit monde était heureux, les ouvriers qui allaient toucher la paye tant attendue et le propriétaire rassuré car sa récolte était rentrée

 

                                                                         Christian GALIBERT