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LOL



    Vide-grenier, un monde de richesses.


Un peu comme une fleur sauvage qui s'ouvre avec l'arrivée du printemps,  le vide grenier s'expose sans fierté, en plein nature, de façon assez anarchique.  On y entre quelquefois par hasard, sinon sans objectif précis, un peu comme on tourne la première page d'un roman,  juste avec un brin de curiosité, comme ça, pour tuer le temps.

J'aime le vide grenier pour ce qu'il dégage d'atmosphère. Pour le visiteur désœuvré du dimanche matin que je suis, il offre un espace de liberté, convivialité,  désordre… à minima organisé. J'y flâne, observe, triture, imagine, projette, papote… et avant tout  cultive le plaisir de la rencontre.

  Étals et sol y sont recouverts de matériaux hétéroclites allant de la pince à linge à la tondeuse à gazon, de l'appareil photo numérique au vieux moulin à café ; un  mélange de modernisme et d'époque révolue, de rêves en souvenirs. Nul n'est besoin d'y  rechercher impérativement un objet manquant, on y croise l'inattendu, l'improbable, celui qu'on ne prévoyait pas et qui, subitement, devient quasi  nécessaire parce qu'il irait  bien dans un coin du salon, rappelle un pan enfoui de son enfance ou persuade qu'il donnerait du plaisir à la personne aimée. Champion de l'anachronisme,  le vide grenier passe sans complexe du dérisoire à l' incontournable.

Et puis, dans une ambiance particulièrement animée de gestes théâtraux, orchestrée d'apostrophes parfois moqueuses et cocasses, labellisées Sud de France, commence le jeu, celui de la ruse, de l' indifférence calculée, des marchandages savants et qui accoucheront enfin d'un point d'accord avec le vendeur. Au-delà de l'aspect bassement mercantile, s'engage l'épreuve de force, constituée d' excitation, déception, fausse indignation ou impatience. La panoplie des sentiments humains s'y étale. La chose convoitée devient presque le butin d'une guerre pacifique où le moins motivé finira par céder. La bonne affaire pour quelques euros et la satisfaction complice entre celui qui, menue monnaie en poche, a réussi à se débarrasser de l'encombrant, et celui qui repart avec l'inutile devenu, l'espace d'une illusion…indispensable!

Les vide greniers regroupent les ingrédients basiques de la nature humaine : jalousie et égoïsme affrontent  solidarité et partage. Avec les temps difficiles, ils se sont multipliés bien sûr souvent par nécessité mais aussi par un besoin vital de contacts. Ils sont lieux de vie où le bénéfice financier n'est pas forcement au rendez-vous mais où, pour beaucoup, le relationnel se taille la part importante. Sans doute, ils réinventent aujourd'hui la démarche archaïque du commerce, le troc, où celui qui vend devient plus tard acheteur, où ce qui a fini d'intéresser les uns ne  gonflera pas le tas d'ordures mais se proposera au service des autres. Le tout dans une poésie rustique et  conviviale.


Il y a bien longtemps, je ne puis exactement en préciser l'année, Notre Seigneur Jésus Christ décide de revenir sur terre visiter le charmant village de Servian qu'il ne connaissait pas encore. Le chanoine BOUSQUET, curé doyen de la paroisse, avait été prévenu par la grâce d'un ange descendu spécialement du Ciel lui apporter l'incroyable nouvelle. L'ecclésiastique devait rapidement en avertir ses ouailles.

C'est ainsi que l'on vit, un matin, débarquer dans les rues du village, un modeste vieillard juché sur un  âne. Certains furent déçus de cette apparition, d'autres, au contraire, saisirent l'opportunité pour exprimer leurs doléances. "
Ah, Seigneur, vous dont le pouvoir est infini, faites que les fontaines publiques puissent nous abreuver au delà de trois mois par an et que l'éclairage électrique dont la commune vient d'équiper nos ruelles soit un peu plus brillant que la lumière des bougies de nos grands-mères!" Ainsi interpelé, Dieu répondit à l'intrus "J'ai d'autres soucis que de me préoccuper de vos problèmes; de grâce ne me prenez pas pour monsieur le Maire! Toutefois, je vais en cadeau, vous laisser mon âne. Prenez en soin, il vous sera utile. Par exemple, attelé entre les brancards du corbillard, il transportera le corps des défunts depuis l'église jusqu'au cimetière. Maintenant, je vous quitte car il se fait tard et je souhaiterais profiter d'être dans la région pour visiter Montblanc et St.Thibéry." S'appuyant sur sa canne, Notre Seigneur parcourut le Grand Rue jusqu'à la Croix des Pèlerins d'où, empruntant un chemin sur la droite, il s'éloigna de la localité.Poursuivant son périple, il longea les domaines de St. Pierre et de St. Peyre pour atteindre bientôt Ponsonnailles. La pluie qui menaçait depuis l'aube se mit alors à tomber, accompagnée d'un vent du Nord d'une extrême violence. Notre Seigneur, ajustant soigneusement sa pèlerine, découvrit, environ un kilomètre plus loin, le domaine de St Adrien.
Dans le grangeot entouré de vignes vivait un homme à la vaillance et capacité de travail reconnues de tous. A cet instant, derrière la fenêtre, Daniel, c'est ainsi qu'il se prénommait, contemplait l'eau dégringolant des lourds nuages sur la nature détrempée. Soudain dans la pénombre, il aperçut le chemineau, courbé sur son bâton de marche,, se déplaçant lentement. Il l'apostropha en ces termes: " Que faites vous mon brave par un temps pareil, à ne pas mettre un chien dehors? Entrez donc vous
réchauffer et sécher près du feu de cheminée". L'inconnu ne se fit pas prier pour accepter l'invitation. " A votre âge, il n'est pas convenant de voyager sous un tel déluge, c'est pure folie! Asseyez vous face à l' âtre et profitez de ces quelques châtaignes grillées des restes du repas de midi. Vous me goûterez ce petit vin blanc de ma vigne et m'en direz des nouvelles!" Aussitôt dit, il en servit un bon verre que son convive sembla hautement apprécier puisque, bientôt, il en sollicita  un deuxième. Et la conversation s'engagea. "Mon garçon, commença le patriarche, je suis assez vieux pour être ton grand-père, voire ton arrière grand-père, ce qui m'autorise à te tutoyer" Et tandis qu'au dehors, pluie et vent redoublaient de violence "Je vais te faire une confidence mais motus, n'en dis rien à personne Daniel, vois tu, je suis Dieu!" Un léger sourire se dessina instinctivement sur le visage du jeune paysan qui pensa "Si ce vieillard est Dieu, moi, je suis St.Pierre!"
Comme la nuit s'avançait, le maître des lieux poursuivit à l'adresse de son hôte "
Au fond de cette pièce, à votre droite, il y a une paillasse bourrée non de laine mais de feuilles de maïs, comme il était d'usage du temps de mes ancêtres. Ajoutez cette couverture et installez vous. Passez une bonne nuit et à demain"

 Lorsque le lendemain Daniel ouvrit les yeux, le jour perçait déjà dans la maisonnette; le soleil avait effacé toutes traces de la forte ondée de la veille et, surprise, l'inconnu aussi avait disparu. Le brave homme murmura pour lui même "Il aurait pu au moins me dire au revoir" Cependant, sur un coin de table il remarqua un document avec quelques lignes, écrites d'une main ferme et habile: "Daniel, sans chercher à me connaitre ni exiger de contre partie pour ton aimable hospitalité, tu m'as accueilli comme l'un des tiens. Hier soir, lorsque je t'ai confié être Dieu, je l'ai senti même si tu t'es gardé par pudeur de tout commentaire, tu étais incrédule et as certainement pensé en cet instant que j'étais un farfelu.Je ne t'en tiens pas rigueur et pour te le montrer,  je vais te faire un présent. Ouvres la porte et regardes. Il y a là un petit coin de paradis tel que je le réserve aux humains honnêtes, vaillants et courageux... Tu relèves de cette catégorie. Quant aux gens malhonnêtes et aux crapules, saches qu'ils ne m'intéressent nullement. Un jour, le Diable s'en chargera."  Ainsi naquit le splendide jardin de St. Adrien à Servian
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Mais après tout, sans doute, n'était ce qu'une légende?        Yves GIROUSSENS



                   BEZIERS, 27 siècles d'histoire.

Chers auditeurs,
Nous allons un instant délaisser  les témoignages écrits de nos ainés biterrois pour nous consacrer à l'histoire de notre ville, son riche patrimoine,  ses hommes célèbres et talentueux. Pour cela, nous avons fait appel à un Biterrois, imprégné de ce passé au point d'y vouer une véritable passion. Auteur de livres qui racontent l'histoire de BEZIERS, il a accepté de venir nous en parler, un mardi sur deux, durant 20 minutes et à partir de 10 heures sur les ondes de Radio Ciel Bleu.


 Ne manquez pas ses rendez-vous! Bien à vous et bonne écoute  


  Robert CAVALIE,
un homme, une passion.

D'aussi loin qu'il remonte dans sa vie d'homme, la passion pour  Béziers  a toujours habité  Robert CAVALIE. Fidèle parmi les fidèles, il lui voue une curiosité positive, un engagement sans faille. Depuis 20 ans qu'il est retraité, Robert a créé une association «Réussir à Béziers» dans laquelle, avec quelques amis et des bénévoles «de tous bords», il multiplie les interventions pour mieux faire connaitre la cité biterroise, son riche passé et son patrimoine exceptionnel. Il a également écrit trois ouvrages dont deux ont déjà été publiés et qui constituent autant de références pour tous ceux qui cherchent à s'en informer. Même si par pure modestie, il se définit comme «seulement un chroniqueur d'histoire», ses bases en la matière sont solides et son goût pour l'histoire remonte à son jeune parcours d'écolier, lorsqu'un de ses maîtres lui offrit un recueil, écrit de sa main, où il avait consigné nombre de faits historiques sur la ville.
Ensuite,son cursus professionnel s'avéra utile dans sa soif de connaissances : le poste de secrétaire général à la mairie, qu'il occupa à Béziers durant de nombreuses années,  lui facilita l'accès aux documents traitant du patrimoine biterrois et ses visites sur les chantiers consolidèrent ses recherches. La passion était en marche. Il ne restait qu'à la mettre en forme. Avec la pugnacité et le sérieux qui le caractérisent , il n'eut cesse de lire, d'écrire, de monter des spectacles tantôt aux arènes ou plus récemment sur la nouvelle place du forum, faire des conférences, participer à des débats, répondre avec amabilité et compétence aux  diverses sollicitations des médias pour remémorer le passé biterrois, ses célébrités et exposer, à la lumière, ses fabuleux vestiges.
Aujourd'hui, à un âge avancé, à l'heure où certains s'abandonnent à une paisible relâche, Robert poursuit inlassablement son travail de mémoire avec un regard optimiste sur cette ville à laquelle il a déjà beaucoup donné, qu'il a connu jadis prospère puis économiquement souffrante avec la crise viticole, la fermeture des usines Fouga….et particulièrement non épargnée par les difficultés actuelles. S'il affirme avoir son libre arbitre et se défend de toute appartenance politique, rien ne l'afflige autant que les jugements négatifs portés sans discernement par ceux qui, à la cantonade, hurlent à qui veut les entendre, «qu'ailleurs c'est bien mieux qu'ici». Robert est bien loin d'un naïf et ne se cache pas derrière une vaine attitude qui renierait les problèmes, mais, aux critiques stériles, il préfère une action permanente, constructive et entièrement bénévole, dédiée au patrimoine et la culture de ce Béziers où il a toujours vécu. Il n'est ni aigri, ni donneur de leçons ;  simplement, il suit le chemin qu'il s'est tracé, plus motivé que jamais, avec à l'adresse de tous ses amis Biterrois, cet unique conseil de croire en leur ville et de s'accorder aussi «le droit de rêver un peu, mais surtout sans utopie».